2e DISCOURS DE CHÁVEZ À COPENHAGUE - Hugo Chávez Frias


Bonjour, Madame la Présidente vous avez dit une grande vérité, il faut déjeuner. Napoleón Bonaparte disait que les armées marchent sur les estomacs.

Je remercie beaucoup qu'on nous ait donné la parole, au président Morales et votre serviteur, nous l’avions sollicitée tôt ce matin, parce que nous sommes ici depuis quelques jours déjà.

Obama est venu, il a parlé et est sorti par la petite porte. Cette petite porte, une porte cachée par là-bas, qui s’utilise j’imagine pour le service, pour la logistique et les coordinations de la présidence, et c’est par là qu’il est parti par la porte de derrière.

C’est l’empire, l’empire qui arrive à minuit, dans l’obscurité, et dans le dos de la majorité de manière antidémocratique ils cherchent à concocter un document que nous n’acceptons pas, que nous n’accepterons jamais.

L’assistance [applaudissements]

Et je suis absolument sûr que pour la dignité que nous défendons ici, nous, le gouvernement amphitryon, la reine du Danemark, que nous remercions pour son amabilité, ses attentions, j’ai eu un chauffeur très attentif qui s’appelle Thomas, les amis qui nous ont donné la sécurité, la dame de l’hôtel, les travailleurs de l’hôtel.

Hier soir nous nous réunissions ici dans un gymnase avec les milliers de mouvements sociaux qui ont manifesté avec des pancartes dans les rues sous la neige, les mouvements qui luttent pour la justice sociale, les partis politiques. Nous réussissons ici à Copenhague des compatriotes de l’Amérique Latine, des Caraïbes, de tous les pays. Nous avons été très contents.

Hier soir nous avons parié à la course, bien qu’Evo soit beaucoup plus jeune que moi j’ai gagné une course de cent mètres dans la neige, il court dur Evo. Je suis sûr que le gouvernement amphitryon partage les mêmes critères de nous, la majorité immense, ceux qui ne les partagent pas ceux qui sortent par la porte de derrière, et ainsi va sortir l’empire yankee de ce monde, par la porte de derrière, il va sortir par la porte de derrière d’une manière indigne.

Ici maintenant, nous sommes très inquiets parce que nous apprenons qu’il y avait plusieurs réunions, dont celles pour un petit groupe de pays amis de la Présidence de la Conférence, nous ne sommes pas des ennemis : vrai ? Nous sommes aussi amis de tous, ils ne nous ont pas invité à participer, pour rien, ni même consultés pour entendre notre opinion, et nous voulons dire fermement que tous les pays sont égaux, et nous les Présidents, des chefs de l’état et de gouvernement nous avons le même niveau, ici il n’y a pas de premiers Présidents et les Présidents de seconde zone, il ni y a pas de peuple de première classe et des peuples de seconde classe, tous sommes égaux, et nous voulons bien faire comprendre cela ici.

L’assistance [applaudissements]

Je crois que c’était une manière opaque d’agir, pour le dire de façon élégante (vous le savez ?), pour essayer de faire avorter ici une solution que comme Lula l’a dit, seul un miracle pourrait la sauver, et comme pour cela n’ont n’attendons pas un miracle, nous devons partir, je ne parle pas seulement au nom du Venezuela, j’ai été autorisé par les représentants des pays de l’Alliance Bolivarienne, ici présents, des peuples de notre Amérique c’est-à-dire le gouvernement et le peuple de la Bolivie, le gouvernement et le peuple de Cuba, le gouvernement et le peuple de l’Équateur, le gouvernement et le peuple du Nicaragua, le gouvernement et les peuples des Caraïbes, les pays de la Dominique, de San Vicente les habitants de Grenade, d’Antigua-et-Barbade et du Venezuela, n’allez pas croire que de la porte de derrière, par où est sorti Obama, va venir un bout de papier secret, top secret, et que l’on cherchera à le présenter au monde comme la solution.

Déjà nous le contestons, parce que nous ne connaissons pas ce document. Il a circulé ici des versions et des documents peu transparents, cela ont doit le réclamer.

Nous sommes sûrs qu’aucun type de fraude ne sera tenté, parce que ce serait une fraude aux peuples du monde.

Si quelque chose doit s’implanter dans le monde, être récupéré dans le monde c’est la confiance entre nous, ça suffit que certains se croient supérieurs à nous les indiens du sud, à nous les noirs africains indigènes, les peuples du sud, nous sommes tous égaux.

Eh bien, nous partons en laissant une protestation : ceci est une violation des procédés des Nations Unie, non ?

Nous avions peur que l’on ne nous donne pas la parole, il nous avait été dit ici par le Secrétariat que l’accès à la parole n’était pas garanti, et on nous expliquait depuis ce matin que seulement un groupe de Présidents allait parler, des Chefs d’État très dignes, ils sont dans une liste de ceux qui ont agi, vous ne savez pas qui a agi, non ?
C’est pourquoi nous remercions beaucoup la Présidente qui nous a donné la parole au Président Morales et à moi-même. Cela aurait été lamentable si l’on avait tenté de nous mettre un veto durant cette réunion, je ne peux le penser, le soupçonner.

Le Protocole de Kyoto, Lula l’a déjà dit, ne peut pas être déclaré mort ou éteint, comme le prétendent les États-Unis c’est pourquoi Evo a dit une grande vérité : Si Obama, le Prix Nobel de la guerre a dit ici même (certes ça sent le soufre ici, ça sent le soufre, cela continue à sentir le soufre dans ce monde) qu’il est venu pour agir.
Eh bien, démontrez-le monsieur, ne partez pas par la porte de derrière, faites tout ce qu’il a à faire pour que les États-Unis adhèrent au Protocole de Kyoto, et nous allons respecter Kyoto et promouvoir Kyoto, et répondre au monde de manière transparente.

L’assistance [applaudissements]

D’autre part tout indique pour que les réductions des émissions de carbone pour 2050 ne soient pas inférieures à 80, 90%, la majorité des données coïncident là-dessus.

Nous croyons madame la présidente, que Copenhague ne finit pas aujourd’hui, pour la dignité de ce peuple, nous ne voulons pas partir avec le goût amer de la frustration.

Non, nous voulons partir avec le souvenir d’un peuple joyeux, d’un peuple que nous ne connaissions pas, une ville, un pays : Le Danemark.

Nous voulons emporter Copenhague dans le coeur non comme une frustration mais comme un espoir. Hier soir nous le disions, Copenhague ne finit pas aujourd’hui, Copenhague a ouvert les portes pour que nous continuions de mener un grand débat mondial sur la question comment sauver la Planète, comment sauver la vie sur la Planète.

Copenhague n’est pas une fin, Copenhague est un commencement, pour que nous obtenions les accords qu’il faut obtenir, et Evo le disait déjà, obtenir l’équilibre de la mère une terre : la Pachamama.

Ce qu’Obama dit est vraiment ridicule, les États-Unis qui ont la machine à fabriquer des dollars, les États-Unis qui ont fourni 700 milliards de dollars, je crois, pour sauver les banques, c’est avec raison qu’ils disent là-bas dans les rues que si le climat avait été une banque ils l’auraient déjà sauvé.

Maintenant il vient dire qu’il va apporter 10 milliards de dollars par an, un chiffre dérisoire. C’est un peu une plaisanterie ce qu’a dit le Président des États-Unis : La dépense militaire des États-Unis, et bien ! Elle coûte 700 milliards de dollars par an.

Seulement en diminuant la dépense militaire de moitié au moins ils y arriveraient, les États-Unis, qui sont les plus grands émetteurs, qui sont les plus grands pollueurs, et il est le grand coupable, l’empire yankee, pour avoir imposé des invasions, des guerres et des menaces, des assassinats et même du génocide capitaliste dans ce monde, les États-Unis et ses alliés, ce sont là les grand coupables, ils devraient l’assumer avec dignité, en vérité nous savons que ce gouvernement des États-Unis ne va pas l’assumer, parce qu’il n’est rien de plus que la continuation du gouvernement précédent, Obama restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes frustrations, pour beaucoup de gens qui ont cru à lui aux États-Unis et dans d’autres parties du monde, mais là il le démontre, une grande frustration.

Mais ce qui importe, ce qui importe, le plus important c’est que les peuples du monde et les gouvernements dignes du monde, la majorité, nous nous mettions d’accord et nous impulsions de vraies solutions.

Nous ne venons pas ici pour demander l’aumône, nous venons dans des conditions d’égalité apporter de modestes idées pour trouver des solutions, que personne ne l’oublie, que personne ne l’oublie, la faute est au capitalisme, et il faut attaquer les causes.

Depuis le Venezuela nous le disons modestement, la manière unique d’obtenir l’équilibre des sociétés, de sauver la vie, d’obtenir des niveaux supérieurs de vie, de mener l’être humain à des conditions dignes d’existence, est à travers le socialisme, c’est un débat éminemment politique, éminemment moral, éminemment nécessaire, absolument nécessaire ; le capitalisme est le chemin vers la destruction de la Planète.

Madame la présidente nous voulons qu’il soit clair, nous partons, nous ne pouvons espérer plus longtemps, nous partons, mais les pays de l’ALBA font clairement comprendre que nous contestons dès à présent tout document qu’Obama passerait par sous la porte, ou qui sortirait de nulle part, comme disaient hier certains d’entre vous, en essayant de présenter cela comme une solution salvatrice.

Il n’y a pas de solutions salvatrices, nous partons simplement en sachant qu’un accord n’a pas été possible ici à Copenhague, et il n’a pas été possible parce que, comme hier nous le disions : il y a un manque de volonté politique des pays les plus développés de la Terre, en commençant par les États-Unis, et c’est une vraie honte, c’est l’égoïsme des plus responsables, surtout pour les raisons dérraisonnables de production et de consommation de son capitalisme hyperdéveloppé.

Fidel Castro a écrit (et je finirait sur cela pour ne pas interrompre le déjeuner, la photo et les séances qui viennent) une réflexion hier soir, par là allez, comment c’est depuis La Havane, cette réunion, avec l’espoir que des décisions soient prises pour sauver l’humanité, et il parlait d’une clôture médiocre, d’une clôture sans gloire.
Je suis d’accord, ce sera une clôture sans gloire, mais je veux dire aussi madame la présidente, en honneur à tous ceux qui ont participé, ont été entendus, ici il y a des gens qui n’ont pas dormi pendant je ne sais combien de jours, une reconnaissance spéciale pour vous, les négociateurs, les ministres, les délégués, les chefs de délégation, les experts, tout ceux qui ont travaillé, il faut donner une reconnaissance à tous...

L’assistance [applaudissements]

Et ayons la foi dans le fait que votre travail intense ne va pas être perdu, c’est un apport.
Nous partons plus conscients du problème et plus engagés à créer une conscience chez nos peuples sur le sujet du climat, et sur le sujet du déséquilibre environnemental.

Maintenant comme l’a dit Fidel c’est une clôture qui va arriver, sans gloire, je ne veux pas dire que cela sera avec de la peine, non la clôture pénible qui va arriver cette après-midi, c’est une clôture qui laisse en même temps la porte ouverte à cet espoir, cet espoir de ce que nous réussissions à prendre des décisions pour sauver l’humanité, et nous ne les obtiendrons qu’en laissant de côté les intérêts égoïstes spécialement ceux des pays les plus développés.

Je veux payer un tribut à Copenhague et à son esprit, à son peuple et aux peuples du monde et nous engager avec la vie, nous engager avec l’avenir.

Une clôture sans gloire, mais une bonne clôture, pleine d’espoir, ainsi nous emporterons Copenhague dans notre coeur.

Madame la Présidente merci beaucoup. Mesdames, Messieurs, bonne après-midi.

L’assistance [applaudissements]

Hugo Chávez Frias

Traduction : Primitivi
Source : http://www.primitivi.org/spip.php?article140

LE DROIT DE L'HUMANITÉ À L'EXISTENCE - Fidel Castro Ruz


Les changements climatiques causent d’ores et déjà des dommages considérables, et des centaines de millions de pauvres en souffrent les conséquences.

Les centres de recherche les plus avancés assurent qu’il reste très peu de temps pour échapper à une catastrophe irréversible. Selon James Hansen, de l’Institut Goddard, de la NASA, un niveau de trois cent cinquante parties de dioxyde de carbone par million est encore tolérable ; or, il dépasse actuellement trois cent quatre-vingt-dix et il augmente tous les ans à raison de deux parties par million, soit plus que les niveaux d’il y a six cent mille ans. Les deux dernières décennies ont été les plus chaudes depuis qu’il existe des mesures. Ce gaz a augmenté de quatre-vingts parties par million ces cent cinquante dernières années.

Les glaces de la mer Arctique, l’énorme couche de deux kilomètres d’épaisseur qui couvre le Groenland, les glaciers d’Amérique du Sud qui alimentent les principales sources d’eau douce de cette région, le volume colossal qui couvre l’Antarctique, la couche qui reste encore sur le Kilimandjaro, les neiges qui couvrent l’Himalaya et l’énorme masse gelée de la Sibérie fondent à vue d’œil. Des scientifiques prestigieux redoutent des sauts quantitatifs dans les phénomènes naturels qui provoquent les changements.

L’humanité avait placé de grands espoirs dans le Sommet de Copenhague, qui devait prolonger le Protocole de Kyoto souscrit en 1996 mais entré en vigueur seulement en 2005. L’échec éclatant de ce Sommet a engendré des épisodes honteux qu’il faut dûment éclaircir.

Les États-Unis, qui comptent moins de 5 p. 100 de la population mondiale, émettent le quart du dioxyde de carbone. Leur nouveau président avait promis de coopérer aux efforts internationaux pour faire face à un problème qui touche son pays autant que le reste du monde. Les réunions préalables au Sommet ont mis en lumière que les dirigeants de cette nation et ceux des pays les plus riches manœuvraient pour faire retomber le poids des sacrifices sur les pays émergents et les pays pauvres.

Beaucoup de dirigeants et des milliers de représentants des mouvements sociaux et des institutions scientifiques, décidés à se battre pour préserver l’humanité du pire risque qu’elle a encouru dans son Histoire, se sont rendus à Copenhague à l’invitation des organisateurs du Sommet. Je m’abstiens d’entrer dans le détail de la brutalité dont ont fait preuve les forces de l’ordre danoises contre les milliers de manifestants et d’invités des mouvements sociaux et scientifiques pour me concentrer sur les aspects politiques du Sommet.

Un véritable chaos a régné à Copenhague et des choses incroyables s’y sont passées. Les mouvements sociaux et les institutions scientifiques n’ont pas eu le droit d’assister aux débats. Des chefs d’État ou de gouvernement n’ont même pas eu la possibilité de donner leur opinion sur des problèmes vitaux. Obama et les dirigeants des pays les plus riches ont séquestré la conférence avec la complicité du gouvernement danois, et les institutions des Nations Unis ont été mises sur la touche.

Barack Obama, qui est arrivé le dernier jour du Sommet et n’y est resté que douze heures, s’est réuni avec deux groupes d’invités triés sur le volet par lui-même et ses collaborateurs. Et c’est accompagné de l’un de ces groupes qu’il a eu une réunion dans la salle plénière avec le reste des délégations de plus haut niveau. Aussitôt après avoir pris la parole, il s’est retiré par une porte dérobée. À cette réunion plénière, hormis le petit groupe choisi par lui, les autres représentants des États n’ont pas eu le droit de prendre la parole. Si les présidents bolivien et vénézuélien ont pu le faire, c’est seulement parce qu’ils l’ont réclamé avec énergie, soutenus par les autres, et que le président du Sommet n’a pas eu d’autre solution que de la leur céder.

Dans une salle contiguë, Obama a réuni les dirigeants des pays les plus riches, de plusieurs nations émergentes les plus importantes et de deux pays très pauvres. Il y a présenté un document négocié avec deux ou trois des principaux pays, il a ignoré l’Assemblée générale des Nations Unies, il a donné des conférences de presse et il est reparti, tel Jules César qui s’exclama au terme d’une ses campagnes victorieuses en Asie mineure : Vini, vidi, vici !

Le Premier ministre en personne du Royaume-Uni, Gordon Brown, avait affirmé le 19 octobre : « Si nous n’aboutissons pas à un accord dans les prochains mois, il ne fait pas le moindre doute qu’une fois que l’élévation débridée des émissions aura provoqué des dommages, aucun accord mondial rétrospectif à quelque moment du futur ne pourra en éliminer les effets. À cette date, il sera alors irrémédiablement trop tard. »

Et il avait conclu son discours sur cette péroraison dramatique : « Nous ne pouvons nous donner le luxe de l’échec. Si nous échouons maintenant, le prix à payer sera très lourd. Si nous agissons maintenant, si nous agissons de concert, si nous agissons en faisant preuve de hauteur de vue et de détermination, nous pouvons encore remporter la victoire à Copenhague. Mais, si nous échouons, la planète Terre sera en danger, et il n’existe pas de plan de rechange. »

Il affirme pourtant à présent avec arrogance que l’Organisation des Nations Unies a été prise en otage par un petit groupe de pays comme Cuba, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et Tuvalu, et il accuse la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres nations émergentes d’avoir cédé aux séductions des États-Unis pour souscrire un accord qui expédie aux oubliettes le Protocole de Kyoto et ne contient aucun engagement contraignant pour les États-Unis et leurs riches alliés.

Je me vois obligé de rappeler que l’Organisation des Nations Unies a vu le jour voilà à peine soixante ans, après la Deuxième Guerre mondiale, alors que les pays indépendants ne dépassaient pas la cinquantaine. Elle compte aujourd’hui plus de cent quatre-vingt-dix États indépendants, après que la lutte décidée des peuples a eu liquidé l’odieux système colonial.

La République populaire de Chine s’est même vu refuser pendant des années le droit d’entrée à l’ONU, un gouvernement fantoche y usurpant sa représentation à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. C’est grâce au soutien tenace d’un nombre croissant de pays du Tiers-monde que la Chine bénéficia peu à peu de la reconnaissance de la communauté internationale, ce qui fut un facteur très important pour que les USA et leurs alliés de l’OTAN reconnaissent ses droits à l’ONU.

C’est l’Union soviétique qui contribua le plus par sa lutte héroïque à la défaite du fascisme, au prix de plus de vingt-cinq millions de morts et d’énormes destructions dans tout le pays. C’est au terme de cette lutte qu’elle émergea comme une superpuissance capable de contrebalancer en partie la domination absolue qu’exerçait le système impérial des USA et des anciennes nations coloniales, et sa mise à sac impitoyable des peuples du Tiers-monde. La désintégration de l’URSS a permis aux USA d’étendre leur pouvoir politique et militaire en direction de l’Est, vers le cœur de la Russie, et de renforcer leur influence sur le reste de l’Europe. Ce qui s’est passé à Copenhague n’a donc rien d’étonnant.

Je tiens à souligner les déclarations injustes et outrageantes du Premier ministre britannique et la tentative des États-Unis d’imposer comme accord du Sommet un document dont les pays participants n’ont discuté à aucun moment.

Le ministre cubain des Relations extérieures, Bruno Rodríguez, a affirmé dans la conférence de presse qu’il a donnée le 21 décembre des vérités absolument indéniables. J’en cite quelques paragraphes :

« À Copenhague, je tiens à le souligner, la Conférence des Parties n’a adopté aucun accord, aucune décision concernant des engagements, qu’ils soient contraignants ou pas, ni absolument aucune décision relevant du droit international : à Copenhague, il n’y a pas eu d’accord, tout simplement !

« Le Sommet a été un échec, et l’on veut pourtant berner l’opinion publique mondiale. […] la carence de volonté politique a sauté aux yeux…

« …il a constitué un recul dans l’action de la communauté internationale pour prévenir ou alléger les retombées des changements climatiques…

« …la température mondiale pourrait s’élever de 5º en moyenne… »

Puis notre ministre a apporté d’autres données intéressantes sur les conséquences possibles de cet échec, selon les dernières recherches scientifiques :

« …de la date du Protocole de Kyoto à ce jour, les pays développés ont élevé leurs émissions de 12,8 p. 100… 55 p. 100 de ce volume correspondant aux USA

« Un Étasunien consomme en moyenne 25 barils de pétrole par an, un Européen 11, un Chinois moins de 2, un Latino-Américain ou un Caribéen, moins de 1.

« Trente pays, dont ceux de l’Union européenne, consomment 80 p. 100 des combustibles produits. »

Le fait est que les pays développés signataires du Protocole de Kyoto ont élevé radicalement leurs émissions. Ils veulent toutefois substituer maintenant à la base adoptée pour calculer ces émissions, autrement dit 1990, une nouvelle base, 2005, de sorte que les engagements envisagés par les USA, les plus gros pollueurs, ne représenteraient qu’une réduction de 3 p. 100 par rapport à vingt-cinq ans avant ! C’est là se moquer d’une manière éhontée de l’opinion mondiale…

Le ministre cubain, parlant au nom des pays de l’Alliance bolivarienne des peuples de Notre Amérique (ALBA), et défendant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres États importants à économie émergeante, a ratifié le concept dégagé à Kyoto de

« responsabilités partagées, mais différenciées, ce qui veut dire que les pays à accumulation historique et les pays développés, responsables de cette catastrophe, ont des responsabilités différentes de celles des petits États insulaires ou des pays du Sud, surtout des pays les moins avancés… »

« Responsabilités veut dire financement ; responsabilités veut dire transfert de technologies dans des conditions acceptables. Mais Obama joue sur les mots, et au lieu de parler de "responsabilités" partagées mais différenciées, il parle de "réponses" partagées, mais différenciées…

« …il abandonne la salle plénière sans même daigner écouter qui que ce soit, de même qu’il n’avait écouté personne avant son intervention. »

Obama avait affirmé lors d’une conférence de presse ayant précédé son départ de la capitale danoise : « Nous avons généré ici à Copenhague un accord substantiel sans précédent : pour la première fois dans l’Histoire, les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités. »

Dans son exposé clair et irréfutable, notre ministre s’est exclamé :

« Que signifie : "…les plus grandes économies sont venues ici accepter ensemble leurs responsabilités" ? Ça veut dire qu’il fait retomber une part importante du fardeau que représente le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que doivent adopter les pays, surtout ceux du Sud, face aux changements climatiques, sur la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Car, il faut bien le dire, la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et tous les pays appelés par euphémisme en développement ont été victimes d’un braquage, d’un hold-up ! »

Voilà dans quels termes frappants et irréfutables notre ministre a raconté ce qu’il s’est passé à Copenhague.

Je dois ajouter que le 19 décembre, à dix heures du matin, alors que notre vice-président Esteban Lazo et notre ministre des Relations extérieures étaient déjà repartis, on a assisté à une tentative tardive de ressusciter le document mort-né de Copenhague en tant que document du Sommet. Il ne restait plus alors pratiquement aucun chef d’État et seuls quelques ministres. De nouveau, la dénonciation des membres restants des délégations de Cuba, du Venezuela, de Bolivie, du Nicaragua et d’autres pays a fait capoter la manœuvre. Voilà comme s’est conclu le Sommet : sans gloire !

On ne saurait non plus oublier qu’aux heures les plus critiques de cette journée-là, tard dans la nuit, le ministre cubain des Relations extérieures, et les délégations qui livraient cette digne bataille, ont offert leur coopération au secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, dans la lutte toujours plus dure qui se déroulait et dans les efforts à consentir à l’avenir pour préserver notre espèce.

L’organisation écologique World Wide Fund (WWF) a averti que les changements climatiques échapperaient à tout contrôle dans les cinq à dix prochaines années si les émissions n’étaient pas réduites radicalement.

Mais Obama lui-même m’épargne la peine de démontrer ce que j’ai dit sur ses agissements.

Il a déclaré le 23 décembre, dans une interview à la chaîne de télévision CBS, que les gens avaient raison d’être déçus des résultats du Sommet sur les changements climatiques : « …au lieu d’un échec total, d’une inaction totale, ce qui aurait été un énorme recul, nous avons pu du moins nous maintenir en gros là où nous étions… »

Selon l’agence de presse, Obama est le plus critiqué par les pays qui sentent presque à l’unanimité que le Sommet s’est achevé sur un désastre.

L’ONU est maintenant dans une impasse. Demander à de nombreux autres États d’adhérer à un accord arrogant et antidémocratique serait humiliant.

Poursuivre la bataille et exiger à toutes les conférences, surtout celles de Bonn et de Mexico, le droit de l’humanité à l’existence, en nous fondant sur la morale et la force que nous donne la vérité, telle est à mon avis la seule voie.

Fidel Castro Ruz
Le 26 décembre 2009

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1er DISCOURS DE CHÁVEZ (TEXTE + VIDEOS) À COPENHAGUE - Hugo Chávez Frias


Le socialisme est la voie du salut de la planète


Discours prononcé par Hugo Chávez Frias, président de la République bolivarienne du Venezuela, au Sommet des Nations unies sur le changement climatique, à Copenhague, le 16 décembre 2009



Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Excellences, chers amis,

Je vous promets de ne pas parler plus longuement que celui qui a parlé le plus ici, cette après-midi.

Permettez-moi un premier commentaire, que j’aurais voulu aborder avec le point précédent, traité par les délégations du Brésil, de Chine, de l’Inde et de la Bolivie. Depuis notre place, nous avons demandé la parole, mais il ne nous a pas été possible de la prendre.

La représentante de Bolivie a dit –j’en profite pour saluer le camarade président Evo Morales, ici présent (Applaudissements), président de la République de Bolivie-, elle a dit entre autres choses ce qui suit –je l’ai noté sur ce papier : « Le texte présenté n’est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».

A peine suis-je arrivé que nous avons entendu la présidente de la séance précédente, la ministre, dire qu’il y avait un document, mais personne ne le connaît. J’ai réclamé le document, mais il ne nous est pas encore parvenu. Je crois que personne ne sait au juste ce que c’est que ce document, il doit être « top secret ». La camarade bolivienne n’avait donc pas tort de dire : « Il n‘est pas démocratique, il ne part pas d’une politique d’inclusion ».

Mais, Mesdames et Messieurs, ceci n’est-il pas justement à l’image de la réalité du monde ? Vivons-nous dans un monde démocratique ? Le système mondial se base-t-il sur l’inclusion ? Y a-t-il une once de démocratie ou d’inclusion à attendre du système mondial actuel ? Cette planète est régie par une dictature impériale, et depuis cette tribune, nous continuons de le dénoncer. A bas la dictature impériale, et vivent les peuples, la démocratie et l’égalité sur cette planète ! (Applaudissements)

L’exclusion que nous constatons ici en est le reflet. Il existe un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous, ceux du Sud, à nous, ceux du tiers monde, à nous, les sous-développés, ou, comme le dit le grand ami Eduardo Galeano : nous, les pays écrasés par l’histoire qui nous est passée dessus comme un train.

Il n’y a donc vraiment pas lieu de s’en étonner : il n’y a pas de démocratie dans ce monde, et nous sommes confrontés ici, une fois de plus, à une preuve évidente de l’existence de la dictature impériale mondiale.

Deux jeunes gens ont fait irruption ici, bien heureusement les forces de l’ordre se sont comportées correctement, il n’y a eu qu’une petite bousculade, et ils se sont montrés coopératifs, si j’ai bien compris…

Mais dehors, vous savez, il y a beaucoup de monde. Bien sûr, ils ne tiennent pas tous dans cette salle. J’ai lu dans la presse que quelques personnes ont été arrêtées, qu’il y a eu des manifestations intenses dans les rues de Copenhague, et je tiens à saluer tous ces gens qui sont dehors, des jeunes pour la plupart (Applaudissements). Ce sont des jeunes qui s’inquiètent, et avec raison, beaucoup plus que nous de l’avenir du monde. La plupart d’entre nous qui sommes dans cette salle ont le soleil dans le dos, alors qu’eux le reçoivent en pleine figure, et ils s’en inquiètent sérieusement.

On pourrait dire, Monsieur le Président, qu’un spectre hante Copenhague, pour paraphraser Karl Marx, le grand Karl Marx. Un spectre hante les rues de Copenhague, et je crois qu’il hante cette salle en silence, il est là, parmi nous, il se glisse dans les couloirs, monte, descend. Ce spectre est un spectre qui épouvante tellement que presque personne n’ose même le nommer. Ce spectre, c’est le capitalisme ! (Applaudissements) Presque personne n’ose le nommer, mais il s’appelle capitalisme, et les peuples grondent dehors, entendez-les !

Je lisais certains des slogans que les jeunes scandaient dans les rues, et je crois en avoir entendu de nouveau quelques-uns quand ces deux jeunes gens ont fait irruption ici. J’en cite un : « Ne changez pas le climat, changez le système. » (Applaudissements). Je le reprends à notre compte : Ne changeons pas le climat, changeons de système, et c’est ainsi que nous pourrons commencer à sauver la planète. Le capitalisme, ce modèle de développement destructeur, est en train d’en finir avec la vie, il menace de détruire définitivement l’espèce humaine.

Un autre slogan donne à réfléchir, parce qu’il est tout à fait d’actualité, avec cette crise bancaire qui a ébranlé le monde et qui continue de le secouer, et la manière dont le Nord riche a volé au secours des banquiers et des grandes banques. Les Etats-Unis à eux seuls… Le montant de la somme qu’ils ont versée pour sauver les banques est astronomique, on s’y perd… Voilà ce qu’on dit dans la rue : « Si le climat avait été une banque, il aurait déjà été sauvé. » Et je crois que c’est vrai (Applaudissements). Si le climat avait été une banque capitaliste, une des plus grandes, il y a belle lurette que les gouvernements riches l’auraient sauvé.

Je crois qu’Obama n’est pas arrivé. Il a reçu le prix Nobel de la Paix pratiquement le même jour où il envoyait 30 000 soldats de plus tuer des innocents en Afghanistan, et le président des Etats-Unis va se présenter ici auréolé du prix Nobel de la Paix.

Les Etats-Unis détiennent la planche à billets, la machine à faire des dollars. C’est ainsi qu’ils ont sauvé, ou du moins croient avoir sauvé, les banques et le système capitaliste.

Bien, ceci était un commentaire en marge. Je voulais le faire avant, je levais la main pour pouvoir accompagner le Brésil, l’Inde, la Bolivie, la Chine, soutenir leur position intéressante et dire que le Venezuela et les pays de l’Alliance bolivarienne la partagent totalement, mais la parole ne m’a pas été donnée. Je vous demande seulement de ne pas compter ces minutes, M. le Président, ce n’était qu’une petite mise au point. (Applaudissements)

Figurez-vous que j’ai eu le plaisir de rencontrer ici cet écrivain français, Hervé Kempf. Je vous recommande vivement ce livre, il existe en espagnol -Hervé est par ici-, en français bien sûr et en anglais sûrement : Comment les riches détruisent la planète, d’Hervé Kempf. Voilà pourquoi le Christ a dit : « Il sera plus facile de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille que de faire entrer un riche au Royaume des Cieux. » C’est ce qu’a dit le Christ, Notre Seigneur. (Applaudissements)

Les riches détruisent la planète. Ils veulent peut-être aller s’installer dans une autre quand ils auront fini de détruire celle-ci. Peut-être caressent-ils ce projet. Mais pour le moment, on n’en voit pas d’autre à l’horizon de la galaxie.

J’ai feuilleté ce livre dès qu’il m’est parvenu - c’est Ignacio Ramonet, lui aussi présent dans cette salle, qui me l’a offert - et je retiens du prologue ou du préambule cette phrase, significative. Voilà ce qu’écrit Kempf : « Nous ne pourrons pas réduire la consommation de biens matériels à l’échelle mondiale si nous ne faisons pas en sorte que les puissants diminuent la leur de plusieurs crans, et si nous ne combattons pas l’inégalité. Il est nécessaire d’adjoindre au principe écologiste, si utile à l’heure de la prise de conscience –penser globalement et agir localement–, un autre principe qu’impose la situation : consommer moins et distribuer mieux. » C’est là un bon conseil que nous donne l’écrivain français Hervé Kempf.

Monsieur le Président, le changement climatique est sans aucun doute le problème environnemental le plus dévastateur de ce siècle : inondations, sécheresses, tempêtes sévères, ouragans, dégel ; montée du niveau moyen de la mer, acidification des océans, vagues de chaleur… Tous ceci aggrave l’impact des crises mondiales qui s’abattent sur nous.

L’activité humaine actuelle dépasse le seuil du développement durable et met en danger la vie sur la planète. Mais, je tiens à le souligner, nous sommes là aussi profondément inégaux. Les 500 millions de personnes les plus riches, soit 7%, sept pour cent, seven, de la population mondiale, ces 7% sont responsables de 50% des émissions polluantes, alors que la moitié la plus pauvre de la population de la planète – la moitié, 50% – n’émet que 7% des gaz polluants. Voilà pourquoi je m’étonne : il me paraît bizarre de solliciter ici la Chine et les Etats-Unis dans les mêmes termes. Les Etats-Unis comptent peut-être 300 millions d’habitants, et la Chine, cinq fois plus. Les Etats-Unis consomment plus de 20 millions de barils de pétrole par jour, et la Chine arrive à peine à 5 ou 6 millions. On ne peut pas demander la même chose aux Etats-Unis et à la Chine. Voilà un sujet qui mérite discussion. Espérons que les chefs d’Etat et de gouvernement pourront s’asseoir ensemble et discuter ces questions pour de bon, cartes sur table.

En outre, Monsieur le Président, 60% des écosystèmes de la planète sont endommagés, et 20% de l’écorce terrestre est dégradée. Nous avons été les témoins impassibles de la déforestation, de la conversion de terres, de la désertification, des altérations des systèmes d’eau douce, de la surexploitation des ressources marines, de la contamination et de la perte de la diversité biologique. La surexploitation de la terre dépasse de 30% sa capacité de régénération. La planète perd sa capacité d’autorégulation, elle est en train de la perdre. Nous produisons chaque jour bien plus de déchets que nous ne sommes capables d’en traiter. La survie de notre espèce est une question qui hante la conscience de l’humanité.

Malgré l’urgence, deux années de négociations se sont écoulées pour élaborer une seconde série d’engagements sous le Protocole de Kyoto, et nous participons à cette réunion sans être parvenus à un accord réel et significatif.

Soit dit en passant, sur ce texte surgi du néant - c’est ce qu’ont dit certains, dont le représentant chinois - le Venezuela annonce, les pays de l’ALBA, de l’Alliance bolivarienne annoncent que nous n’accepterons pas, qu’on le sache déjà, d’autre texte que celui qui provient des groupes de travail, du Protocole de Kyoto et de la Convention. Ce sont des textes légitimes qui ont donné lieu ces dernières années et ces dernières heures à des débats intenses. Je crois que vous n’avez pas dormi. Vous n’avez ni déjeuné ni dormi, c’est bien cela ? Il ne semble pas logique, dans ces conditions, qu’un texte surgisse du néant, comme vous le dites.

Aujourd’hui, en ce moment même et jusqu’à présent, de toute évidence l’objectif scientifiquement établi de réduire les émissions de gaz polluants et de parvenir à un accord de coopération à long terme semble avoir échoué. Quelle en est la raison ? Il ne fait aucun doute que la raison est l’attitude irresponsable et le manque de volonté politique des nations les plus puissantes de la planète. Que personne ne se sente blessée. Je ne fais que reprendre les propos du grand José Gervasio Artigas quand il affirmait : « Avec la vérité, je n’offense ni ne crains personne » ; mais il s’agit vraiment d’une attitude irresponsable, caractérisée par ses tergiversations, son exclusion, sa manipulation élitiste d’un problème qui nous incombe à tous et que nous ne pourrons résoudre que tous ensemble.

Le conservatisme politique et l’égoïsme des grands consommateurs, des pays les plus riches, révèlent un manque de sensibilité et de solidarité flagrant envers les plus pauvres, les affamés, les plus vulnérables aux maladies et aux désastres naturels.

M. le Président : il est indispensable de parvenir à un nouvel et seul accord applicable à des parties absolument inégales, par l’ampleur de leurs contributions et de leurs capacités économiques, financières et technologiques, et basé sur le strict respect des principes énoncés dans la Convention.

Les pays développés devraient contracter des engagements contraignants, clairs et concrets de réduction de leurs émissions, et assumer des obligations d’assistance financière et technologique aux pays pauvres, pour faire face aux dangers destructeurs du changement climatique. A cet égard, la situation particulière des Etats insulaires et des pays les moins développés devrait être pleinement reconnue.

M. le Président : le changement climatique n’est pas le seul problème qui frappe aujourd’hui l’humanité. D’autres fléaux et d’autres injustices nous guettent. Le fossé qui sépare les pays riches des pays pauvres n’a cessé de se creuser en dépit de tous les Objectifs du millénaire, du Sommet de Monterrey sur le financement, de tous ces sommets, comme le faisait remarquer ici le président du Sénégal, qui dénonçait une grande vérité : les promesses, tant de promesses non tenues, alors que le monde continue sa marche destructrice.

Le revenu total des 500 individus les plus riches du monde est supérieur au revenu des 416 millions de personnes les plus pauvres. Les 2,8 milliards de personnes qui vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour et qui représentent 40% de la population mondiale –je dis bien 40% de la population de la planète !– se partagent seulement 5% du revenu mondial.

Aujourd’hui, environ 9,2 millions d’enfants meurent avant l’âge de cinq ans, et 99,9% de ces décès ont lieu dans les pays les plus pauvres. La mortalité infantile est de 47% décès pour 1 000 naissances vivantes ; mais elle est de 5 décès seulement dans les pays riches. L’espérance de vie sur la planète est de 67 ans, mais de 79 ans dans les pays riches et de 40 ans seulement dans certains pays pauvres.

En outre, il existe 1,1 milliard d’habitants privés d’accès à l’eau potable ; 2,6 milliards sans services sanitaires et plus de 1,02 milliard de personnes affamées. Tel est le tableau actuel du monde.

Mais, et la cause ? Quelle en est la cause ? Parlons-en un peu, ne nous dégageons pas de nos responsabilités, n’éludons pas la profondeur du problème. La cause, sans l’ombre d’un doute –je reviens sur cette question– de tout cette situation désastreuse, c’est le système métabolique destructeur du capital et son modèle incarné : le capitalisme.

J’ai ici une citation que j’aimerais vous lire, brièvement, de ce grand théologien de la Libération, Leonardo Boff, qui comme chacun sait, est brésilien, c’est-à-dire « notre-américain ».

Voici ce que dit Leonardo Boff sur cette question : « Qu’elle est la cause ? Eh bien, la cause c’est le rêve de vouloir chercher le bonheur à travers l’accumulation matérielle et du progrès sans fin, en recourant à la science et à la technique, avec lesquelles on peut exploiter de manière illimitée toutes les ressources de la Terre ». Et il cite quelque part Charles Darwin et sa théorie de la sélection naturelle, la survie des plus forts ; mais nous savons que les plus forts survivent sur les cendres des plus faibles.

Jean-Jacques Rousseau –il est bon de s’en souvenir– signalait quant à lui : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime ». C’est pourquoi l’empire parle de liberté : la liberté d’opprimer, d’envahir, d’assassiner, d’anéantir, d’exploiter, voilà sa liberté. Et Rousseau ajoute la phrase libératrice : « Seule la loi libère ».

Certains pays s’amusent à empêcher qu’un document soit adopté à cette rencontre. Pourquoi ? Parce que, précisément, ils ne veulent pas de loi, ils ne veulent pas de norme, car le fait qu’il n’y ait pas de norme leur permet d’exercer leur liberté d’exploiter, leur liberté destructrice.



Faisons un effort et faisons pression, ici et dans les rues, pour qu’ici, de cette rencontre, naisse un engagement, un document qui engage les pays les plus puissants de la Terre ! (Applaudissements).

M. le Président : Leonardo Boff se demande –vous avez connu Leonardo Boff ? J’ignore si Leonardo a pu faire le voyage. J’ai fait sa connaissance au Paraguay ; je l’ai toujours beaucoup lu– : « Une Terre finie peut-elle supporter un projet infini ? ». La thèse du capitalisme du développement infini est un modèle destructeur. C’est un état de fait et nous devons l’accepter.

Et Boff de nous demander : « Que pouvons-nous attendre de Copenhague ? » A peine ce simple aveu : nous ne pouvons plus continuer ainsi, et un objectif simple : nous allons changer de cap ? Faisons-le, mais sans cynisme, sans mensonges, sans doubles agendas, sans documents issus du néant, et avec la vérité comme valeur ultime.

M. le Président, Mesdames et Messieurs, depuis le Venezuela nous demandons jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et de telles inégalités ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que de grandes épidémies comme le VIH/sida déciment des populations entières ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que les affamés soient privés de la possibilité de se nourrir et de nourrir leurs enfants ? Jusqu’à quand allons-nous permettre que des millions d’enfants continuent de mourir de maladies curables ? Jusqu’à quand allons-nous permettre des conflits armés qui massacrent des millions d’être innocents à seule fin que les puissants puissent s’approprier les ressources d’autres peuples ?

Que cessent les agressions et les guerres ! C’est que nous, les peuples du monde, demandons aux empires, à ceux qui prétendent continuer de dominer le monde et à nous exploiter. Nous ne voulons plus de bases militaires impériales ni de coups d’Etat ! Construisons un ordre économique et social plus juste et équitable. Eradiquons la pauvreté. Stoppons immédiatement les niveaux élevés d’émission de gaz, freinons la dégradation environnementale et évitons la grande catastrophe du changement climatique. Adhérons au noble objectif d’être tous plus libres et solidaires !

M. le Président, il y a près de deux siècles, un Vénézuélien universel, libérateur de nations et précurseur de consciences, légua à la postérité cet apophtegme, chargé de volonté : « Si la nature s’oppose, nous lutterons contre elle et nous la forcerons à nous obéir ». C’était Simon Bolivar, le Libertador.

Depuis le Venezuela bolivarien où, un jour comme aujourd’hui… à propos, il y a exactement dix ans que nous avons vécu la plus grande tragédie climatique de notre histoire, la tragédie dite de Vargas ; depuis ce Venezuela dont la révolution tente de conquérir la justice pour tout son peuple, uniquement possible à travers la voie du socialisme… Le socialisme, cet autre spectre dont parlait Karl Marx, se promène aussi par là-bas ; mais il s’agit plutôt d’un « contre-spectre ». Le socialisme est la voie à suivre, c’est la seule voie qui permettra de sauver la planète, je n’ai pas l’ombre d’un doute là-dessus. Et le capitalisme est le chemin de l’enfer, le chemin qui mènera à la destruction du monde.

Le socialisme, depuis ce même Venezuela qui, pour cette même raison, est en butte aux menaces de l’empire nord-américain, depuis les pays qui forment l’ALBA, l’Alliance bolivarienne, nous lançons notre exhortation. J’aimerais, avec tout le respect que je vous dois et du plus profond de mon âme, au nom de beaucoup sur cette planète, exhorter les gouvernements et les peuples de la Terre, en paraphrasant Simon Bolivar, le Libertador : Si la nature destructrice du capitalisme s’oppose, alors luttons contre elle et forçons-la à nous obéir ; n’attendons pas le bras croisés la mort de l’humanité.

L’histoire nous appelle à l’union et à la lutte. Si le capitalisme s’oppose, nous sommes dans l’obligation de livrer la bataille contre le capitalisme et d’ouvrir les voies du salut de l’espèce humaine. Cette tâche nous incombe à tous, sous les bannières du Christ, de Mahomet, de l’égalité, de l’amour, de la justice, de l’humanisme, du véritable et plus profond humanisme. Si nous ne le faisons pas, la plus merveilleuse création de l’univers, l’être humain, disparaîtra, elle disparaîtra !

Cette planète à des milliards d’années, et elle a vécu pendant des milliards d’années sans nous, l’espèce humaine. Autrement dit, elle n’a pas besoin de nous pour exister. Par contre, nous ne pouvons pas vivre sans la Terre, et nous sommes en train de détruire la Pachamama, comme dit Evo, comme disent nos frères aborigènes d’Amérique du Sud.

Pour conclure, M. le président, écoutons Fidel Castro lorsqu’il a dit : « Une espèce est en voie d’extinction : l’Homme ». Ecoutons Rosa Luxembourg lorsqu’elle a lancé : « Socialisme ou barbarie ». Ecoutons le Christ rédempteur lorsqu’il dit : « Bienvenus les pauvres, car le Royaume des Cieux leur appartient ».

M. le Président, Mesdames et Messieurs, soyons capables de faire de cette Terre non pas la tombe de l’humanité ; faisons de cette Terre un ciel, un ciel de vie, de paix et de fraternité pour toute l’humanité, pour l’espèce humaine.

M. le Président, Mesdames et Messieurs, merci beaucoup et bon appétit (Applaudissements)

Hugo Chávez Frias

Source texte : http://www.granma.cu/frances/2009/diciembre/vier18/discurso.html
Source vidéos : http://www.dailymotion.com/video/xbjmk0_chavez-a-copenhague-12-soustitre-fr_news et http://www.dailymotion.com/video/xbjp22_chavez-a-copenhague-22-soustitre-fr_news

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LES QUESTIONS DU REFERENDUM PROPOSÉ PAR EVO MORALES À COPENHAGUE - Evo Morales Ayma




" (..) En quoi consiste le fait que les peuples du monde décident du futur de l’humanité ? Il consiste en un référendum mondial sur le changement climatique. Que les peuples du monde décident avec leur vote conscience du destin de l’Humanité. Comme dirigeant syndical, j’ai une petite expérience du pouvoir de l’organisation, de la conscientisation, de l’unité pour changer de petites comme de grandes choses. Je crois dans nos mouvements sociaux : ils connaissent leurs problèmes, ils connaissent aussi les solutions.

Je veux vous lire la première proposition de ce référéndum :

  1. Êtes-vous d’accord pour rétablir l’harmonie avec la nature, et pour reconnaître les droits de la Terre Mère ? 
  2. Êtes-vous d’accord pour changer ce modèle de surconsommation et de gaspillage qu’est le système capitaliste ? 
  3. Êtes-vous d’accord pour que les pays développés réduisent et réabsorbent leurs émissions de Co2 à effet de serre pour que la température ne monte pas de plus d’un degré centigrade
  4.  Êtes-vous d’accord pour transférer tout ce qui a été dépensé dans les guerres et pour consacrer un budget supérieur à la défense de la Terre face au changement climatique ?
  5.  Êtes-vous d’accord avec un tribunal de justice climatique pour juger ceux qui détruisent la Terre Mère ? 
(cris et applaudissements d’approbation de la salle à chacune des questions)

Compagnon Chávez, le document vient d’être approuvé dans ce sommet sur le Changement climatique. De nouveau je salue l’effort et la mobilisation des mouvements sociauxs. Nous sommes des présidents alliés des mouvements sociaux. Je veux continuer à apprendre de vous. Je suis élève des mouvements sociaux de Bolivie et du monde.

Je veux vous dire que je ne me sens plus seul. Ne vous sentez pas seuls dans cette lutte pour la vie, pour l’humanité, pour la défense de la Terre Mère. Que nous accompagnent les mouvements sociaux, nous présidents qui essayons d’exprimer la pensée de nos peuples, est indispensable. Seuls, Evo ou Hugo nous ne pouvons avancer, mais si les peuples nous accompagnent nous sommes ici pour changer les politiques capitalistes qui font tant de mal à l’humanité.

Patrie ou Mort ! Nous vaincrons. Planète ou mort ! Quand, quand, carajo !"

Evo Morales Ayma

Source : http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1068




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COPENHAGUE : L'ENTENTE AVEC L'EMPEREUR (CE QUE NOS MÉDIAS NE NOUS DISENT PAS) - Serge Charbonneau


Deux mondes

On constate de plus en plus que sur cette planète il y a deux mondes.

En information, il y a longtemps qu’on note qu’il y a deux mondes. Le monde de Gesca, de Péladeau, de Desmarais ou encore du journal Le Monde et l’autre monde celui du journal Le Monde Diplomatique ou de Vigile, de Presse-toi à gauche, du Grand Soir, etc. Bref, il y a le monde de la presse "officielle" et celui de la presse "alternative".

Les mêmes événements, les mêmes personnages y sont décrits d’une manière si différente qu’on croirait qu’il ne s’agit pas du même endroit, du même politicien ou du même événement.

Gesca, Le Monde et Cie vont nous dire que le Coup d’État militaire au Honduras était "légal" et Le Monde Diplomatique, Le Grand Soir, Presse-toi à gauche ou même Vigile, vont nous dire qu’il s’agit d’un Coup d’État bafouant au pied la démocratie et les droits les plus fondamentaux des Honduriens-nes. Deux Mondes !

Evo Morales nous parle aussi de deux mondes. Celui du vivre « bien » et celui du vivre « mieux en consommant plus ».

À Copenhague, il a déclaré qu’il y avait deux types de Présidents représentant ces deux mondes qui sont comme l’huile et l’eau. Deux mondes bien distincts qui ne se mélangent pas. Le monde de la mort et celui de la vie. Le monde qui dépense des millions à la minute [1], oui « À LA MINUTE » pour TUER et pratiquement rien pour la vie. Et il y a cet autre monde qui réclame que l’on cesse les guerres, que chaque pays rapatrie ses armées pour se défendre chez lui et qu’on mette l’argent de la mort au service de la vie.

Deux mondes bien différents, celui de la vie et celui de la mort

À Copenhague, ces deux mondes s’opposent. Lors de ces rencontres "mondiales", nous assistons à la formation non pas de la pluripolarité souhaitée par le monde du vivre « bien » mais à la formation d’une bipolarité provoquée par le monde du vivre « mieux en consommant et exploitant plus ».

Ce monde bipolaire s’installe de plus en plus.

Il y avait eu un élan d’espoir pour la pluripolarité lors de l’arrivée de Obama qui disait vouloir rendre les États-Unis plus humbles et disait que les États-Unis étaient non plus pour dicter les choses, mais pour écouter. Force est de constater qu’il n’en est rien et que les États-Unis, cette puissance militaire impériale, dictent comme jamais.

Nous sommes basculés dans une bipolarité. Nous avons vécu des décennies de guerre froide avec un monde bipolaire où l’équilibre de la terreur prévalait, maintenant nous sommes replongés dans un autre monde bipolaire, mais cette fois-ci, le déséquilibre des forces prévaut.

Le monde de la mort possède les armes militaires les plus puissantes et les plus sophistiquées de tous les temps. Il possède aussi, comme jamais, la puissance des banques et des systèmes financiers (FMI, BM, OMC). Comme troisième arme, le monde de la mort a su mettre au pas le 4e pouvoir : les médias.

On peut contraindre militairement en tuant massivement. On peut faire chanter financièrement en coupant le commerce ou les liquidités d’un pays. On peut se maintenir au pouvoir en conditionnant l’esprit des gens par des campagnes médiatiques de promotion (guerre d’Afghanistan, d’Irak ou autres) ou de dénigrement (Amérique latine, Afrique, Chine, Russie). La démagogie (radio-journaux-poubelle) est au service de la dictature mondiale.

L’arme militaire, l’arme économique et l’arme médiatique. Trois armes redoutables permettant une dictature mondiale

Le monde de la vie n’a qu’une seule arme massive : la population.

À Copenhague, les représentants du monde de la mort se sont servi de leur armée médiatique pour endormir une fois de plus, massivement, la population et ainsi rester au pouvoir et poursuivre le saccage de la planète pour alimenter la soif infinie des partisans du vivre « mieux ».

De leur côté, les représentants du monde de la vie ont tenté désespérément d’éveiller les masses. Déjà, avant même le début de cette rencontre (sic) médiatique mondiale, il y avait à Copenhague, des rues pleines de gens qui demandent d’être entendu. Mais pour contrer le monde de la mort, il n’y en a pas encore assez, il en faut plus.

Ce sommet de Copenhague a révélé à quel point les décisions pour la marche du monde sont anti-démocratiques. Devant l’évidence de l’inégalité des forces de décision, les représentants du vivre « bien » ont lancé un appel aux populations mondiales pour qu’elles s’unissent afin de sauver la planète et pour favoriser le monde de la vie pour les générations futures.

C’est la seule arme dont dispose le monde du vivre « bien » : la force du nombre par la solidarité populaire et l’union des peuples.

L’arrivée de l’Empereur

Copenhague a été, comme hélas le sont souvent ces "rencontres" internationales médiatiques, une grossière farce. Le scénario était écrit à l’avance : On laisse gueuler les fous (sic) qui demandent l’impossible (sic) et on impose, avec l’arme médiatique et avec tout le sérieux dans lequel les représentants du monde du vivre « mieux en exploitant plus » excellent, un petit document habiller en "compromis" difficilement (sic) obtenu à la suite de "négociations" ardues (sic). Avec ce scénario, le monde du vivre « mieux en consommant et exploitant plus » peut poursuivre sa "croissance" et générer ses "profits" sans se soucier des conséquences pour les générations futures. La population aura ainsi l’impression que le "maximum" aura été fait par eux, les dirigeants "responsables" (sic) du monde !

Copenhague, ce fut 11 jours de cirque qui n’ont mené à rien. On savait dès de départ que ce cirque ne mènerait à rien. Ce cirque avait pour but de donner l’illusion que le réchauffement climatique était pris au sérieux. Il faut aussi se demander l’impact qu’à eu la "fuite" stratégique des courriels concernant ce que l’on a rapidement baptisé le "climat gate".

Ces 11 jours n’ont servi qu’à nourrir les médias. C’est le 11e jour à la 11e heure que nous arrive l’Empereur. Il débarque à Copenhague et rapidement il réunit, en catimini, un club sélect de 26 pays ayant le qualificatif supérieur d’« industrialisé ».

Derrière des portes closes, encore une fois, ce club sélect discute de la suite du monde.

Evo Morales déclare : « Ils nous considèrent comme des ennemis »

Chávez s’indigne pour lui et pour cette centaine de pays qui attendaient l’arrivée de l’Empereur pour enfin discuter sérieusement.

Une centaine de pays qui ont attendu pendant une heure et demie dans cette grande salle en espérant voir enfin se pointer l’Empereur. Ils ont tous été estomaqués et indignés d’apprendre qu’une réunion dont ils étaient exclus se déroulait avec l’Empereur. 26 pays, choisis selon des critères impériaux.

Nos médias de masse, une fois de plus, ont fait disparaître de l’information l’émoi créé parmi tous ces pays d’Afrique et d’Amérique latine laissés en plan. Cette manière de faire dictatoriale et non démocratique pour proposer un document où la majorité des pays étaient exclus des négociations a été vertement dénoncée. Dans les médias de masse, on le rapporte du bout des lèvres.

Devant cet affront, les pays de l’Alba se sont alors réunis et ont réquisitionné un amphithéâtre pour livrer une conférence de presse.

Après une quinzaine de minutes, les responsables de la salle on dit aux représentants de l’Alba qu’il fallait qu’ils libèrent les lieux. [2] (http://www.youtube.com/watch?v=Zee3jJ8elJM)

Chávez étonné dit : « Il semble que l’on veuille nous faire sortir d’ici ! »

Il demande : « Il faut sortir d’ici ? Ah ! Oui ! Quelle démocratie ! »

La responsable insiste pour que ces Présidents en conférence de presse libèrent les lieux.

Chávez de rétorquer : « Bon, envoyez-nous des gaz lacrymogènes si vous voulez nous sortir. Ça ne fait pas une demi-heure et alors, on n’a pas le droit de s’adresser à la presse ? » Chávez rit et redit en s’adressant à la responsable voulant l’évincer : « Dis-leur que s’ils veulent nous sortir qu’ils nous envoient des gaz lacrymogènes. Dis-leur que nous sommes des batailleurs. Fermez la lumière si vous en avez envie. Hein ! Nous sommes en train de répondre aux questions des journalistes. Allez, allez ! Allez chercher la police ! »

Chávez à la salle : « Hein ! » et la salle d’applaudir.

Il poursuit en disant : « Il ne faut pas qu’ils se trompent, voyez-vous, cet homme qui est ici en prenant Morales, s’ils coupent la lumière nous continuerons à capella, qu’ils ne se trompent pas, nous resterons ici, à capella. Nous ne sortirons pas d’ici. Même s’ils veulent nous tirer dehors. Nous sommes des guerriers, qu’ils ne se trompent pas et qu’ils ne nous cherchent pas. Qu’ils respectent notre dignité. »

Le tout se termine en donnant la parole à Esteban Lazo, vice-président du conseil d’État de Cuba.

Un événement symbolique qui résume bien l’ambiance de ce sommet climatique de Copenhague. Il y a le climat de l’environnement, mais il y a aussi ce climat politique mondial qui commence aussi à surchauffer.

Le monde du vivre « mieux en contrôlant plus » ne veut rien céder au monde du vivre « simplement bien ».

Vous pouvez écouter la totalité de la conférence de Presse sur TeleSur (recherchez les vidéos du 18/12/2009) [3] http://www.telesurtv.net/noticias/multimedia/video.php, cette chaine de nouvelles continues qui diffuse dans leur totalité tous les discours des Présidents et toutes les réunions internationales des pays latinos américains. Je crois que cette façon de faire devrait être suivie par nos chaînes de nouvelles en continu. Les discours devraient être diffusés dans leur intégralité et les vidéos devraient être mis en ligne dans leur intégralité pour que l’on puisse voir et entendre ce qui se dit.

Juste un exemple, je n’ai pas pu trouver le discours complet de Jim Prentice à Copenhague. Sur TeleSur il est possible de voir le discours « complet » de pratiquement tous les Présidents latino-américains.

Les discours de ces Présidents latino-américains et de ces Présidents africains auraient avantage à être vus et entendus de tous. Il y a bien des gens qui ne disent pas que des niaiseries et des grossièretés. Même les plus diabolisés, tel les Mugabe et les Ahmadinejad peuvent dire des choses très sensées. Parfois ils disent plus que ce que peuvent dire les Sarkozy, Harper, Brown, Obama qui nous offrent toujours des discours classiques insipides et soporifiques.

Obama a dit [4] : « Je ne suis pas venue ici pour parler, mais pour agir ». Il a eu des applaudissements. On applaudit facilement les mots et on oublie d’attendre de voir les actes.

On a applaudi lorsqu’on lui a remis son Nobel de la Paix (sic) comme si les tueries qu’il poursuit n’existaient pas.

On applaudit les mises en scène et les mots, mais on perd facilement de vue, les gestes.

Obama a dit : « Je ne suis pas venue ici pour parler, mais pour agir ». À part avoir dit cela, qu’a-t-il donc fait ?

Il a dit que le réchauffement climatique était pour les ÉU un grave problème mettant en péril la sécurité, l’économie et finalement la planète. Son ordre d’énumération reflète sans doute son ordre de priorité. Voilà les priorités du monde du vivre « mieux en en voulant toujours plus » : la sécurité (sic), L’ÉCONOMIE et la planète.

L’Empereur s’est déplacé à Copenhague, il a parlé et il a dit qu’il agissait.

Sa seule action a été de dire : « signez ce document que je vous ai préparé sinon, je dirai que vous êtes tous responsables de la merde dans laquelle je vous mets. »

Les médias à son service ont rapporté que l’Empereur et son acolyte Sarkozy ont tout fait pour sauver la planète, mais que les irresponsables du monde n’ont pas voulu l’appuyer dans sa démarche "salutaire" (sic).

Dans quel monde vivons-nous ?

C’est notre devoir de citoyen, pour le futur de nos enfants, de prendre conscience de ces deux mondes, le vivre « bien » et le vivre « mieux », pour pousser nos dirigeants à gouverner pour le bien et non pas pour le mieux. Nous vivons suffisamment bien et la planète nous dit que nous ne pouvons espérer mieux.

Serge Charbonneau
Québec


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[1] 680 milliards pour la Défense américaine

Le budget du Pentagone : le plus élevé de tous les temps et en augmentation constante.

Chaque soldat américain en Afghanistan coûte 1 million de dollars par an

[2] Tentative d’interruption de la conférence de presse de l’ALBA à Copenhague

[3] Section multimédia de TeleSur

[4] Discours de Obama à Copenhague

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CE QUI S'EST VRAIMENT PASSÉ AU SOMMET DE COPENHAGUE - Fidel Castro Ruz


Ce sont les jeunes que l’avenir concerne plus que quiconque.

Encore tout récemment, la discussion portait sur le type de société où nous vivrions. Aujourd’hui, l’on discute si la société survivra.

Il ne s’agit pas là de phrases dramatiques. Il faut s’accoutumer aux faits réels. L’espoir est la dernière chose que les êtres humains peuvent perdre. C’est la vérité en main que des hommes et des femmes de tous âges, mais surtout des jeunes, ont livré au Sommet de Copenhague une bataille exemplaire, offrant ainsi au monde une grande leçon.

Le principal, maintenant, c’est que l’on sache le plus possible à Cuba et dans le monde ce qui s’est passé à Copenhague. La vérité possède une force qui surpasse l’intelligence médiatisée et bien souvent désinformée de ceux qui ont en main les destinées du monde.

Si quelque chose d’important a été obtenu dans la capitale danoise, c’est que l’opinion mondiale a pu observer à travers les médias le chaos politique créé et le traitement humiliant infligé à des chefs d’Etat ou de gouvernement, à des ministres et à des milliers de représentants de mouvements sociaux et d’institutions qui, pleins d’illusions et d’espoirs, se sont rendus au siège du Sommet, à Copenhague. La brutale répression contre des manifestants pacifiques par la force publique rappelait la conduite des troupes d’assaut nazies qui occupèrent le Danemark en avril 1940. Ce que personne ne pouvait imaginer, c’est que, le 18 décembre 2009, dernier jour du Sommet, celui-ci serait interrompu par le gouvernement danois – allié de l’OTAN et associé à la boucherie afghane – pour céder la salle plénière au président Obama où celui-ci et un groupe sélect d’invités, seize au total, auraient le droit exclusif de parler. Obama y a prononcé un discours trompeur et démagogique, bourré d’ambiguïtés, qui n’impliquait aucun engagement contraignant et ignorait le Protocole de Kyoto. Il a abandonné la salle peu après avoir écouté quelques autres orateurs. Parmi les pays invités à prendre la parole, on trouvait les pays les plus industrialisés, plusieurs économies émergentes et quelques-uns des plus pauvres de la planète. Les dirigeants et représentants de plus de cent soixante dix pays n’ont eu que le droit d’écouter.

A la fin du discours du seizième élu, Evo Morales, fort de toute l’autorité de son origine aymara, récemment réélu avec 65% des voix et jouissant du soutien des deux tiers de la Chambre et du Sénat bolivien, a demandé la parole. Le président danois n’a pas eu d’autre solution que de la lui céder à la demande des autres délégations. Quand Evo a conclu sa sage et profonde intervention, le Danois a dû la concéder ensuite à Hugo Chavez. Les deux interventions passeront à l’Histoire comme des exemples de discours brefs et opportuns. Une fois leur tâche dûment remplie, tous deux ont regagné leur pays respectif. Mais quand Obama est sorti de scène, il n’avait pas encore conclu la sienne au pays siège du Sommet.

Dans la nuit du 17 au 18, le Premier ministre danois et de hauts représentants des Etats-Unis s’étaient réunis avec le président de la Commission européenne et les dirigeants de vingt-sept pays pour leur proposer, au nom d’Obama, un projet d’accord à l’élaboration duquel aucun autre dirigeant du reste du monde ne devait participer. C’était là une initiative antidémocratique et virtuellement clandestine qui ignorait des milliers de représentants de mouvements sociaux, d’institutions scientifiques, religieuses et les autres invités au Sommet.

Dans la nuit du 18, alors que de nombreux chefs d’Etat étaient déjà partis, les représentants des pays ont attendu jusqu’à trois heures du matin du 19 la reprise des séances et la clôture de la réunion. Pendant toute la journée du 18, Obama avait soutenu des réunions et des conférences de presse. Tout comme les dirigeants européens. Puis ils sont partis.

Il s’est alors passé quelque chose d’insolite: le 19, à trois heures du matin donc, le Premier ministre danois a convoqué la clôture du Sommet. Les ministres, fonctionnaires, ambassadeur et personnels techniques étaient les seuls à représenter leur pays.

Mais un groupe de représentants de pays du Tiers-monde qui contestaient la tentative d’Obama et des plus riches de la planète de présenter comme un accord consensuel du Sommet le document imposé par les Etats-Unis a livré cette nuit-là une bataille étonnante.

La représentante vénézuélienne, Claudia Salerno, pleine d’une énergie impressionnante, montra le sang qui coulait de sa main droite à cause des coups qu’elle avait dû frapper sur la table pour pouvoir exercer son droit de parole. Le ton de sa voix et la dignité de ses arguments sont inoubliables.

Le ministre cubain des Relations extérieures a prononcé un discours énergique d’un millier de mots dont j’extrais plusieurs paragraphes pour les inclure dans mes Réflexions : 

«Le document dont vous avez nié à plusieurs reprises l’existence, monsieur le Président, apparaît maintenant… Nous avons vu des versions qui circulent d’une manière subreptice et qui se discutent en petits conciliabules secrets.

«…je regrette profondément la façon dont vous avez conduit cette Conférence.

«…Cuba juge extrêmement insuffisant et inadmissible le texte de ce projet apocryphe. L’objectif de 2ºC est inacceptable, car il aurait des conséquences catastrophiques incalculables…

«Le document que vous nous présentez ne contient, hélas, aucun engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

«Je connais les versions antérieures qui se sont négociées elles aussi à travers des procédés contestables et clandestins, en coteries fermées…

«Le document que vous nous soumettez maintenant omet justement les phrases clefs déjà bien maigres et insuffisantes de cette version-là.

«…pour Cuba, cet objectif est incompatible avec le critère scientifique universellement accepté selon lequel il est urgent et incontournable de réduire les émissions d’au moins 45% d’ici à 2020 et de non moins de 80 à 90% d’ici à 2050.

«Toute proposition de poursuite des négociations en vue d’adopter à l’avenir des accords de réduction des émissions doit inclure impérativement le concept selon lequel le Protocole de Kyoto est toujours d’actualité. […] Votre papier, monsieur le Président, est l’acte de décès du Protocole de Kyoto, et ma délégation s’y refuse.

«La délégation cubaine tient à souligner la primauté du principe des "responsabilités communes mais différenciées" en tant que concept clef des futures négociations. Votre papier n’en dit mot.

«Ce projet de déclaration omet des engagements concrets en matière de financement et de transfert de technologies vers les pays en développement dans le cadre des obligations contractées par les pays développés au titre de la Convention cadre des Nations sur les changements climatiques. […] Les pays développés qui imposent leurs intérêts par ce document interposé fuient tout engagement concret.

«…Ce que vous appelez, monsieur le Président, un "groupe de leaders représentatifs" constitue à mes yeux une violation grossière du principe de l’égalité souveraine des Etats que consacre le Charte des Nations Unies.

«Je vous demande formellement, monsieur le Président, de faire en sorte que ma déclaration fasse partie du rapport final sur les travaux de cette lamentable, de cette honteuse Quinzième Conférence des Parties.

On n’avait concédé qu’une heure aux représentants des Etats pour émettre des opinions, ce qui a provoqué des situations compliquées, honteuses et désagréables.

Il s’ensuivit un long débat durant lequel les délégations des pays développés ont exercé de fortes pressions pour que la Conférence adopte ce document comme résultat final de ses délibérations.

Un nombre réduit de pays a insisté fermement sur les sérieuses carences et ambiguïtés du document impulsé par les Etats-Unis, en particulier sur l’absence d’engagement de la part de pays développés en matière de réduction des émissions de carbone et de financement permettant aux pays du Sud de mettre en place des mesures d’atténuation et d’adaptation.

C’est au terme de discussions longues et extrêmement tendues que la position des pays de l’Alliance bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) et du Soudan en tant que président en exercice du Groupe des 77 a fini par prévaloir: le document en question était inacceptable par la Conférence.

Devant le manque de consensus évident, la Conférence s’est bornée à «prendre note» de l’existence de ce document en tant que position d’un groupe d’environ vingt-cinq pays.

Une fois cette décision adoptée à 10 h 30 (heure de Copenhague), Bruno – après avoir discuté amicalement, aux côtés d’autres représentants de l’ALBA avec le Secrétaire général de l’ONU et lui avoir confirmé leur disposition de continuer de lutter de concert avec les Nations unies pour empêcher les terribles conséquences des changements climatiques – a regagné notre pays en compagnie du vice-président cubain, Esteban Lazo, pour assister à la session de l’Assemblée nationale. Sa mission avait pris fin. Il n’est resté à Copenhague que quelques membres de notre délégation et l’ambassadeur pour participer aux démarches finales.

Ils ont informé cet après-midi: 

«…comme ceux qui ont participé à l’élaboration du document aussi bien que ceux qui, comme le président des USA, se sont empressés d’annoncer son adoption par le Sommet…ne pouvaient refuser la décision de celui-ci de seulement "prendre note" du prétendu "Accord de Copenhague", ils ont tenté de proposer un procédé par lequel d’autres pays Parties qui n’avaient pas participé à cette manigance pourraient la seconder et y adhérer, afin de donner des dehors de légalité à cet accord, ce qui aurait pu de fait préjuger du résultat des négociations à venir.

«Cuba, le Venezuela et la Bolivie se sont opposés de nouveau fermement à cette tentative tardive, avertissant que ce document non entériné par la Conférence n’avait pas de caractère légal, qu’il n’existait pas comme document des Parties et qu’on ne pouvait établir aucune règle pour le faire censément adopter…

«Voilà dans quel esprit que se sont conclues les sessions de Copenhague, sans adoption de ce document préparé subrepticement ces derniers jours, sous la conduite idéologique évidente de l’administration étasunienne… »

Demain, notre attention sera centrée sur l’Assemblée nationale.

Lazo, Bruno et le reste de la délégation arriveront vers minuit. Notre ministre des Relations extérieures pourra expliquer lundi, avec luxe de détails et avec toute la précision requise, ce qui s’est vraiment passé au Sommet.

Fidel Castro Ruz

Le 19 décembre 2009

20 h 17

(Traduction ESTI)


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ALBA : L'AUBE D'UN NOUVEAU MONDE - Oscar Fortin


Je trouve regrettable que nos médias privent les Québécois d’évènements transcendants qui se passent au sud du Rio Grande. Toutefois, grâce à internet et à telesurtv.net, nous pouvons assister à la naissance d’un monde nouveau dont on nous tait les débats et les réalisations. Ce dernier nous sort complètement des caractéristiques individualistes, guerrières, dominatrices et trompeuses du monde dans lequel nous vivons. Encore tout à l’aube de sa vie, il porte déjà haut et fort la fierté de l’indépendance des peuples, la solidarité dans les projets de développement en éducation, en santé, en économie, en culture, la détermination dans les défis à relever et le courage dans les combats à livrer.

Réunie à Cuba depuis le 12 décembre, l’ALLIANCE BOLIVARIENNE POUR LE DÉVELOPPEMENT DES PEUPLES (ALBA) a voulu marquer, de façon spéciale, son cinquième anniversaire de sa création. Elle est devenue ce que n’aurait jamais pu rendre possible le Traité de libre échange Nord Américain (ALENA), ce traité que l’Administration Bush voulait étendre à l’ensemble des pays de l’Amérique Latine. À l’époque (2005), ces derniers n’en ont pas voulu alors que certains d’entre eux s’étaient déjà mis à l’œuvre, en 2004, avec la création de l’ALBA. Les pays qui l’intègrent actuellement sont la Bolivie, le Venezuela, Cuba, le Nicaragua, l’Équateur, le Honduras, Dominique, San Vicente et les Grenadines, Antigua et Barbuda. Elle est devenue la bête noire des oligarchies et de l’empire.

Dans la Déclaration finale, les pays membres ont ratifié, entre autres, que l’Amérique Latine et les Caraïbes doivent être une région libre de bases militaires étrangères.

« Il est inacceptable d’utiliser la lutte contre le trafique des drogues et le terrorisme international comme prétexte pour augmenter la présence nord-américaine dans la région. Le vrai objectif de cette présence est plutôt le contrôle des ressources économiques, la domination des marchés et la lutte contre les changements sociaux en cours de la part de gouvernements et de forces progressistes. » En ce sens, poursuit la Déclaration « l’établissement de bases militaires additionnelles en Colombie, constitue un danger réel pour la région et une menace très grave pour la paix et la stabilité de l’Amérique Latine et des Caraïbes. »

L’ALBA a également rejeté les prétentions de la Secrétaire d’État des EE.UU, Hilary Clinton, qui mettait en garde les pays, tels la Bolivie et le Venezuela, dans leurs initiatives de relations avec l’Iran. Les pays membres condamnent les prétentions du Gouvernement des États-Unis de s’immiscer dans les décisions souveraines de politiques extérieurs des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes ainsi que de ceux de la région qui ont établis des liens avec l’Iran.

Elle a évidemment condamné avec force et détermination le coup d’État militaire au Honduras ainsi que la mascarade d’une élection dont le seul objectif est de le légitimer.

Au-delà des prises de position politique, l’ALBA s’est surtout dédié à la mise en place de projets en communication, en recherche, en coopération médicale, en éducation, en économie et en culture, projets qui vont totaliser, pour la seule année 2010, plus de 3 milliards $, alors que les premiers fonds des premières années ne dépassaient guère les 100 millions $. Une monnaie spéciale, sucre, servira, à partir de 2010, aux échanges entre les pays membres. C’est dire, qu’après seulement cinq ans, tout le chemin parcouru et la détermination de poursuivre de la part de ceux qui en sont membres.

De quoi nous sentir bien loin de nos « marionnettes politiques » qui amusent le peuple avec leurs mensonges pour mieux répondre aux attentes de ceux qui les font danser. Heureusement qu’un réveil est toujours possible et qu’il peut se manifester plus vite que nous le pensons. Plusieurs pays de l’Amérique Latine en témoignent. Pour ceux et celles qui souhaitent lire un peu plus sur le sujet, je vous laisse avec quelques références. J’aurais voulu vous laisser en version française la lettre adressée par Fidel Castro à Hugo Chavez que ce dernier a lu à la clôture de cette rencontre. Faute de mieux, je vous laisse avec quelques extraits que l’Express reproduit et commente. Il n’y a pas de doute que la version complète sera bientôt accessible sur le site (exact... - NDR) :





Oscar Fortin


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