Le Président sortant de la Colombie, Alvaro Uribe, quittera finalement son poste le 7 août. Il laissera derrière lui toute une kyrielle de calamités dont l’accentuation des inégalités et de la pauvreté, la limitation de la souveraineté, le renforcement du pouvoir des cartels de la drogue, les scandales de la para-politique et des relations extérieures turbulentes et accidentées -dont le point culminant a été la rupture de relations avec le Venezuela après une série d’accusations absurdes contre Caracas.
Huit ans de gouvernement d’Uribe ont laissé 20 500 000 Colombiens -46% de la population- dans la pauvreté et 8 millions vivant dans l’indigence. Si l’on analyse les statistiques des zones rurales : 80% des personnes qui y habitent sont pauvres et 46% survivent à peine dans la misère.
Selon des données officielles, l’économie du pays a connu une croissance de 5,6% entre 2006 et 2007. On a énormément insisté sur ce taux de croissance au cours de la campagne électorale de Juan Manuel Santos, l’héritier de la présidence et des politiques de son prédécesseur. Il a pris bien soin, pourtant, de ne pas expliquer qu’un tel résultat était dû à une économie spéculative -et non à l’application de programmes de développement industriel ou agricole-, et que les bénéfices sont allés dans les poches d’une élite.
L’organisation « Vive la Citoyenneté » a indiqué que la Colombie figure parmi les 10 pays du monde où les inégalités sont les plus criantes et que, dans ce domaine, elle est la deuxième dans la région derrière Haïti.
Le modèle néo-libéral appliqué a étranglé le marché interne, aggravé le chômage et poussé un très grand nombre de personnes à se livrer au trafic de drogue et à commettre des délits de droit commun. C’est leur seul moyen de survie.
Malgré le Plan Colombie et toutes ses atrocités, la Colombie est actuellement le premier producteur de drogues et l’un des pays les plus violents de la région.
Uribe a également mutilé la souveraineté nationale en faveur des Etats-Unis en signant un accord qui remet sept bases militaires au Pentagone et qui permet également aux forces armées étasuniennes d’utiliser tous les aéroports et d’autres installations. Cet accord est à l’origine du gel des relations avec le Venezuela qui a vu, à juste titre, dans cet accord une menace pour sa sécurité. Malgré les critiques internes et la condamnation internationale, Alvaro Uribe a poursuivi l’application de cet accord qui le fera entrer dans l’histoire comme un des pires politiciens de ce siècle.
Pour couronner le tout et laisser le chemin miné à son successeur, il s’est lancé dans une campagne de mensonges sur la présumée présence des Forces Armées Révolutionnaires de la Colombie, les FARC, en territoire vénézuélien et il a osé convoquer une réunion extraordinaire de l’OEA, l’Organisation des États Américains afin que celle-ci lui serve de caisse de résonance. Il faut dire que le Secrétaire Général de cette organisation, José Miguel Insulza, a agi avec une grande irresponsabilité en se joignant à ce show et il est tout aussi responsable que le Président colombien de la crise déclenchée. C’est justement ce qu’a dénoncé le ministre des Affaires étrangères de l’Equateur, Ricardo Patiño, qui a relevé qu’au moins une dizaine de fois il a pris contact avec Insulza pour lui demander, en vain, de ne pas convoquer cette réunion.
Justement, à l’approche du 227e anniversaire de la naissance de Simon Bolivar, appelé à juste titre le libérateur de l’Amérique du Sud, et en pleine commémoration du bicentenaire des luttes pour l’indépendance du joug colonial espagnol, Alvaro Uribe enfonce un poignard dans l’harmonie et la fraternité de notre Amérique et il est facile de savoir dans l’intérêt de qui va ce qu’il fait.
Bien évidemment, Uribe ne pouvait pas quitter la présidence sans rendre un dernier service à ses bons amis de l’extrême-droite étasunienne et, à ses yeux, le meilleur cadeau d’adieu qu’il pouvait faire à ses patrons pourrait bien être une guerre fratricide avec le Venezuela.
Heureusement, la fraternité et le bon sens seront plus forts que sa haine et son arrogance et, quand son nom aura disparu dans les méandres de l’histoire, l’unité et la solidarité entre nos peuples brilleront dans notre région comme l’ont rêvé Simon Bolivar, notre Héros National José Marti et le Ché.
Radio Havane Cuba
Source en français : Radio Havane Cuba
Source en espagnol : Radio Havane Cuba
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