Si par hasard vous avez du sortir quelques minutes pendant que Fidel en personne parlait à la télé cet après-midi, vous aurez remarqué sa voix multipliée dans les foyers. La fièvre créée par l’annonce de son retour dans l’arène – précédée quelques jours auparavant par sa présence physique dans un important centre de recherches et par les photos qui envahirent rapidement le cyberespace -, fut récompensée par le certitude de que le Commandant continue d’être l’homme d’Etat dangereux (pour l’empire) et l’analyste politique qui a esquivé toutes les variantes possibles de guerre et dérouté 12 présidents étasuniens. Rien à voir avec l’idée, totalement étrange à la manière d’être cubaine, du culte de la personnalité. Fidel n’est pas un Dieu, c’est un guerrier qui ne se laisse pas vaincre, même pas par les années.
Nombreux sont ceux qui l’ont écouté aujourd’hui avec tendresse, cet homme qui a conduit les révolutionnaires du Tiers Monde pendant des décennies, scrute encore les yeux de ses interlocuteurs avec la même force que celle avec laquelle il regarde les yeux du monde. Pour quelques minutes toutes les transnationales médiatiques lui ont rendu hommage sans le vouloir: sa seule présence était une nouvelle, la Nouvelle. A tel point que les idiots du coin se mirent à crier que c’était une manœuvre du gouvernement pour attirer l’attention. Mais quelle classe de personne celle qui peut interrompre le trafic des informations dans le monde – un trafic corrompu, d’intérêts, qui méprise pour être inutiles la vérité et l’honneur -, et accaparer l’attention des amis et des ennemis! Il ne suffit pas de dire la vérité, il faut que celui qui la dise soit profondément respecté de tous. Et quelles vérités il a prononcées ! De bien tristes certitudes qui illuminent le sentier obscur qu’emprunte l’impérialisme sur la pointe des pieds. Fidel nous a demandé de nous unir, sur tous les continents, contre la folie de l’avarice qui nous poussera à l’extermination. Ce vieil homme est un jeune rebelle qui vient de descendre de la Sierra. « Fidel, Fidel, qu’a donc Fidel que les américains ne peuvent rien contre lui! », rappelait la phrase que les Latino-Américains ont scandée pendant des décennies, alors qu’ils l’écoutaient.
Enrique Ubieta Gómez
Traduction : R. Muller, Association Suisse Cuba Genève
Source en français : Cuba Si Lorraine
Source en espagnol : La Isla desconocida
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